#FreeOurWomen, #FreeDianeRwigara

En passant

« you can go to prison for saying the wrong thing. You can be dispappeared. You can lose your job, your business . Foreigners say how they feel safe in #Rwanda. We as Rwandans do not feel safe » Diane Rwigara.

Pour avoir voulu se présenter aux élections présidentielles au Rwanda en 2017, Paul Kagame et son régime l’ont mise en prison.

« Shall I die or live, be detained or released what we have achieved will not go back. This movement is stronger than me. Remanding me in captivity or silencing my voice can only postpone the revolution. It cannot stop the movement » Victoire Ingabire

Pour avoir voulu se présenter aux élections présidentielles au Rwanda en 2010, Paul Kagame et son régime l’ont mise en prison.

Deux femmes, deux destins différents et pourtant un seul dénominateur commun : le courage de s’opposer au FPR de Kagame. La même gare d’arrivée : la Prison.

Indignons nous, indignez vous :

#FreeDianeRwigara, #FreeVictoireIngabire, #FreeAllTheOthers.

On ne peut que se réjouir de voir la jeunesse Kenyane et Ougandaise, mettre en pratique le panafricanisme en devenant solidaires avec ces deux femmes.

« Nous ne devrions pas sacrifier notre liberté contre le développement » écrivait un journaliste anglophone.

La réussite économique du Rwanda ne peut pas masquer la souffrance du peuple Rwandais.

Alice Mutikeys

Être et ne pas être enfant de ou complice de

En passant

Se faire insulter tous les jours car on a eu le courage de s’exprimer et de défendre ses convictions n’est pas une partie de plaisir. Le seul réconfort est de ne pas se savoir isoler et de constater que ses détracteurs n’ont pas des arguments valables. « L’insulteur est-il responsable de l’insulte ? À peine. Pour être responsable il faut être intelligent » Victor Hugo.

Du jour au lendemain, ma nouvelle identité fut « complice des génocidaires »

Ps : accuser toute voix discordante de « nier le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 » est la technique utilisée par le pouvoir de Kigali pour faire taire la voix. J’ai droit à ces genres de tweets assez régulièrement. Au fond je m’y suis habituée.

Le délit ultime ici (bien que absent du code civil) est de connaître une personne qui a été jugé coupable de crimes contre l’humanité et génocide des Tutsi du Rwanda en 1994.

Dans mes valeurs, l’amitié implique partager les hauts et les bas de nos amis et de nos connaissances. Pour avoir affiché publiquement mon soutien à mes amis lors d’un procès, je suis aujourd’hui condamnée à vie de ce prétendu crime. (Une chose est sûre, je n’hésiterai pas à le refaire).

Malheureusement, comme pour beaucoup des sujets, être Rwandais ou être d’origine rwandaise c’est accepter que :

C’est qui est inconcevable pour tout le monde soit devenu concevable pour nous

l’inimaginable devienne réalité

– l’improbable défie les lois mathématiques

l’inacceptable soit banalisé.

Qui demande à ses collègues ou connaissances l’identité de leurs parents ou leurs opinions politique ?

A mon sens, quand on s’éloigne de la sphère privée, nul n’est enfant de ou ami de, chaque être est avant tout un humain, un individu à part entière . De ce fait quiconque demande à son prochain ses origines ou ses fréquentations pour légitimer sa prise de parole, a certainement un agenda caché. Ce sujet, ne devrait pas exister et ne peut donc pas être ouvert à la discussion. Le seul endroit où il peut être discuté est devant un tribunal pour réaffirmer le droit pour chacun d’ETRE un individu.

Pour finir voici un texte que l’on peut dédicace à toute personne qui entrée dans sa vie adulte, 18 ans est :à toute personne qui entrée dans sa vie adulte, 18 ans est :

« Le point de départ pour une personne de toutes les libertés pour guider sa jeune vie comme elle l’entend ! L’heure pour elle de vivre avec indépendance tous les projets comme elle a envie de les réaliser »

Stéphane HESSEL nous a recommandé de nous indigner, alors je m’indigne pour ce qui est inconcevable pour tout le monde, le devienne aussi pour les Rwandais.

Alice Mutikeys

Rwanda, ma parole hutue – suite et fin, lâcher prise ! (6/6)

En passant

Gira Inka, wihe Agaciro nurangize uti Ndi Umunyarwanda : Posséder une vache, donne toi une valeur ou soit fière et fini par te dire que tu es rwandais.
Telle pourrait être ma devise, si je me fiais à de dires d’une partie de rwandais. Aussi avec cette devise, je suis supposée comme tout rwandais me sentir accomplie.
« Gira Inka » est-il vraiment mon besoin élémentaire ? Que vais-je faire de cette vache sans terre et sans pâturage pour en prendre soins correctement ? Il y a un risque non négligeable que je devienne esclave de cette vache. Mes aïeux se sont battus pour ne plus être esclaves de leurs semblables, ce serait leur faire un affront de ma part de devenir esclave d’une vache. Alors « Gira Inka » Urakoze cyane, ndayikurekeye (merci de la proposition, je passe mon tour).
« Wihe Agaciro » : se donner de la valeur ! En regardant dans le dictionnaire LAROUSSE, les définitions du mot valeur, qui se rapprochent le plus du mot « agaciro » au sens Kinyarwanda, sont pour moi :

  • Valeur : Ce que vaut un objet susceptible d’être échangé, vendu, et, en particulier, son prix en argent

  • Valeur : Importance, prix attaché subjectivement à quelque chose

Dans tous les cas, il est aisé de comprendre que la valeur d’un objet ou d’une personne est subjective et intrinsèquement supposé une comparaison par rapport à une base.

C’est ce qui m’étonne le plus avec cette notion de l’Agaciro au Rwanda. Avoir l’Agaciro veut dire quoi ? Une personne a de l’Agaciro par rapport à qui ? Par rapport à quoi ?

« Wihe Agaciro » : permets-moi de te rappeler que je ne suis pas un vulgaire objet que l’on valoriser, que plus grand ou meilleur que moi je trouverai, de même que plus petit ou moins meilleur que moi, je trouverai. Je prends aussi en compte que si l’on accepte d’être valorisé un jour, c’est aussi accepter d’être dévalorisé un autre jour. Dans ma qualité d’être humain, je préfère garder une certaine constance.
Je pourrai faire la même analyse sur la notion d’être fière
« Ndi Umunyarwanda » c’est peut-être la devise la plus ridicule de ce programme. En effet, je suis rwandaise de naissance et personne ne pourra m’enlever mon identité. Il en est de même pour mon identité hutue.
Quelle absurdité de vouloir opposer « ndi umunyarwanda » aux ethnies ? Si aujourd’hui nos voisins burundais vivent ensemble sans nier leur identité ethnique, ni être forcés de clamer à tout bout de champs leur nationalité, nous les rwandais nous le pouvons aussi. D’ailleurs la grande majorité d’entre nous le fait naturellement. Alors à « Ndi Umunyarwanda », je préfère « turi abanyarwanda (nous sommes rwandais).
Tout cela pris en compte, je lâche prise sur ma parole de hutue, je n’abandonne pas. Je suis arrivée au bout de ma réflexion. Je n’ai pas fait complètement la paix avec mon passé, du coup je ne suis pas à l’abri de commencer une nouvelle série d’articles. Pour l’instant je n’ai pas le courage de le faire.
Ainsi se termine une petite série de 6 billets, qui m’ont fait beaucoup de bien à écrire :
1. Introduction 24/02/2018
2. Frustration ou où sont passés les hutus 24/02/2018
3. FPR ces salauds ou Permis de tuer 28/03/2018
4. Même pas peur d’être taxée de négationniste 03/05/2018
5. Réseaux sociaux, les nouveaux RTLM ? 05/05/2018
6. suite et fin, lâcher prise 13/07/2018

Alice Mutikeys

Cold cases …personne ne sait où sont passés leurs corps

En passant

Après les premiers cold cases….sur le chemin de l’exil, ils se sont tout simplement envolés…Ici, je rends hommage à une autre catégorie des cold cases.

On leur a ôté sauvagement la vie, leurs bourreaux n’ont pas eu la décence de leur accorder un dernier geste: un accompagnement digne.

Qu’ils soient victimes de la milice Interahamwe ou victimes du FPR, ils ont eu en commun de vivre une mort tragique.

  • Les bourreaux ont jeté leurs corps dans de fosses communes sans aucune identification.
  • Leurs corps ont été transportés vers d’autres lieux pour y être jetés. L’on pouvait dire d’eux « débarrasser nous cette saleté ».
  • Ils ont été brulés vivants dans leurs maisons de telle sorte qu’il était inutile de chercher les corps.
  • Ils ont utilisé des produits chimiques pour faire disparaitre toute trace de leur corps.

Enfants du Rwanda qu’avons-nous vécu ? Où que vous soyez, nous vous aimons, nous vous portons dans nos cœurs. J’aime à penser que vous avez retrouvés les cold cases du chemin de l’exil, ensemble plus rien ne vous sépare. Vous participez à cette matrice d’énergie qui nous entoure, vous nous en envoyez tous les jours et vous êtes nos anges dans le ciel.

Damn Cold cases, je voulais juste vous rendre hommage.

Alice Mutikeys

Le délicat humain

En passant

La pensée de la semaine

« Tout le monde est intelligent et il y a plusieurs formes d’intelligence. »

Gérer l’humain c’est pouvoir amener l’autre à exprimer son intelligence dans de conditions optimales.

C’est plus vrai quand la composition d’une équipe est hétérogène: écart d’âge, connaissances diversifiées (sciences techniques, économique, ressources humaines, communication….).

L’art et la manière consisterait à observer dans un groupe :

  • Les actifs positifs
  • Les actifs négatifs
  • Les passifs
  • Les personnalités leader
  • Les introverti vs extraverti

Le piège serait de cataloguer ou étiqueter les gens, il est vraiment recommandé de faire attention à ne pas donner cet impression à son équipe.

La capacité d’une personne à faire cette analyse serait étroitement liée à son intelligence émotionnelle. Avoir du leadership, c’est pouvoir combler le fossé entre nos croyances personnelles et les croyances personnelles d’individus avec lesquels nous collaborons.

L’observation faite, Il faut pouvoir créer le cadre optimal où chacun puisse exprimer ses talents tout en bénéficiant de talents des autres.

Nous avons du talent et nous sommes tous talentueux.

« L’intelligence chez l’homme, quoiqu’il en soit pourvu, il a toujours l’impression d’en avoir assez, vu que c’est avec ça qu’il juge! »

Coluche

C’est l’une de mes citations préférées

Alice Mutikeys

Retour sur la journée vérité Turquoise

En passant

Dans la culture rwandaise, il est important de dire MERCI.

Dire merci aux soldats et rétablir la vérité sur l’opération Turquoise étaient l’objet de la journée vérité Turquoise.

L’événement devait dure 3h, mais ce n’est fut pas suffisant pour que tous les témoignages puissent être entendus.

Pour synthétiser les points essentiels :

  • L’opération Turquoise a permis de se poser et de pouvoir faire le choix entre le chemin de l’exil ou rester au Rwanda
  • L’opération Turquoise a mis fin aux violences dans la zone Turquoise, ce qui a permis de sauver de milliers de gens
  • Les militaires de l’opération Turquoise ont transféré de tutsi ou hutu menacés vers la zone Turquoise pour les mettre à l’abri. Malheureusement, Il y a eu de trous dans la raquette
  • L’opération Turquoise a désarmé les miliciens Interahamwe dans la zone Turquoise
  • Après les mandats d’arrêt du juge Jean-Louis Brugière contre les membres du FPR, le gouvernement rwandais a demandé aux rescapés tutsi de manifester leur reconnaissance au FPR, en témoignant à charge contre l’opération Turquoise
  • Nier la vérité de l’opération Turquoise c’est nier le droit à la vie des milliers des gens sauvés par l’opération Turquoise.

La France devrait être fière de ses militaires.

De soldats français et africains ont sauvé la vie de milliers d’africains au Rwanda et la France en a honte. Pour ma part, du haut de mes 12 ans, je m’étais fait la promesse de dire un jour Merci aux militaires français de nous avoir sauvés la vie. C’est chose faite, mon témoignage est arrivé au bon port.

Alice Mutikeys

Les passages que je préfère dans la bible

En passant

Mt 6

« Ne vous faites pas de souci pour demain :
demain aura souci de lui-même ;
à chaque jour suffit sa peine.  »

« Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret »

Mt 5

« En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? »

Alice Mutikeys

Les mains bienfaitrices

En passant

Prises en étau dans la cohue, elles se font bousculer ou font face aux critiques d’avoir choisi une heure d’affluence.

Un bienfaiteur envoyé par le ciel leur tend la main en leur offrant une aide inespérée.

  • Une poussette qui décolle dans les airs, résolvant au passage la difficile équation de la maman
  • Une petite fille que cet inconnu porte pour lui faire monter ou descendre les escaliers
  • Cet étranger qui se lève précipitamment pour laisser la place à cette femme enceinte.

Ce sont les exemples qui m’ont le plus touchés. Le dernier geste est arrivé aujourd’hui au moment où je m’y attendais le moins, au moment où je n’en avais vraiment pas besoin.

Il était vraiment beau ce geste. Il m’a laissé surprise et envahie par un mélange d’émotions, je me suis souvenue du nombre de fois où les gens ont détourné leur regard de mon énorme ventre pour ne pas me laisser la place.

J’en parle dans ce billet pour rendre hommage à ces bienfaiteurs. La plupart noirs ou arabes, ils ont souvent une allure ordinaire. C’est la galanterie du coeur, la galanterie africaine : la bienveillance.

On dit souvent que le bonheur vient des petits choses, il suffit juste d’ouvrir les yeux pour les voir. Pour finir ma journée en beauté, je pense à ce proverbe chinois qui dit « sourit un instant, cet instant t’appartient ». Il n’y a plus qu’à….

Alice Mutikeys

Koz I am happy

En passant

Le grand bonheur vient souvent des petites choses….

Je suis contente, honorée et humble de participer à une petite action qui me comble énormément.

Vivons le temps présent, je suis, tu es, nous sommes tous des humains.

Le reste n’est que bêtise et le lâche prise est le remède à tout.

Rions, jouons, dansons et tournoyons comme des oiseaux car la vie est belle.

Alice Mutikeys

Nyampinga wa Nyangoma

En passant

Nyampinga yari umwana, wari waravutse hagati mu bandi. Iwabo bari baramuguranye kugirango hagire icyo bashobora kuronkera abandi bana.

Nyangoma yari umugore ukuze, wari ufite urugwiro, yakundaga abantu, akagira umutima mwiza, inseko ye yanezezaga benshi.

Nyampinga yazindukaga mu gitondo, agakubura imbuga, akoza ibyombo, yarangiza akajya gucuruza k’umuhanda ibyo ny’irabuja yabaga yamushinze.

Nyangoma akiri umwana, yazindukaga mu gitondo, nawe agakora akazi ku mu rugo. By’urugero, iyo babaga bari bwenge inzoga, yafashaga abamukuriye gutonora imineke.

Nyampinga yarangwaga no guhangayika kandi no kubura ituze k’umutima. Nyangoma we, mu gihe cye nta muntu wahangayikaga, kandi yari iribagiza.

Nyangoma na Nyampinga ntibabyirukiye igihe kimwe, kuri izo mpamvu babayeho imimerere itandukanye cyane.
Nyangomba yari munezero naho Nyampinga akaba mukantwali.

Icyari gitangaje, ni uko abantu babagereranyaga cyane kandi bakumva ko Nyampinga yagira imyifatirire n’ibitekerezo bya Nyangoma.
Nyangoma yakuze ari Nyampinga, Nyampinga akaba uwa Nyangoma.

Alice Mutikeys