Agathe Uwilingiyimana – la novatrice rwandaise

Introduction

il y a plusieurs mois j’ai voulu écrire un article sur Agathe Uwilingiyimana, j’avais commencé et avais laisser dormir le sujet car je n’étais pas prête à parler de sa mort. La dernière actualité sur son sujet m’a donné le courage d’aller faire la spéléologie dans les documents du TPIR, à la recherche de la vérité. Je souhaite avant tout comprendre actuellement ce qui s’est passé et si possible d’une source objective. Il m’est important de comprendre le passé et plus précisément les erreurs qui ont été faites afin d’en tirer des leçons pour la société rwandaise de demain, telle est ma démarche.  A ce titre je n’ai pas cité les noms des personnes incriminées,  je ne me suis pas attardée aussi sur la responsabilité pénale considérant que cela a été le rôle du TPIR. Avant d’évoquer les dernières heures d’Agathe Uwilingiyimana, j’ai voulu lui rendre hommage, en retraçant quelques éléments de sa vie.

Quelques éléments clés de sa biographie

Pour cette partie, la source est «Agathe Uwilingiyimana Biography – Forum for African Women Educationalists ».

  • Agathe Uwilingiyimana  est née le 23 mai 1953, elle était la quatrième d’une famille de 7 enfants.
  • Quand elle était enfant, elle avait un côté garçon manqué.
  • A l’école secondaire elle s’est impliquée dans les activités philanthropiques. Par exemple elle allait rendre visite aux malades à l’hôpital CHK avec ses amies, elles faisaient des tours dans la ville de Kigali pour récolter les habits et les articles de première nécessité pour les malades.
  • Dès sa jeunesse, sa personnalité était marquée par la volonté de prendre soin des autres et d’atténuer l’injustice dans la société.
  • En 1973 alors qu’elle entamait son second cycle au lycée, le Rwanda était en prise avec des violences sur base de haine ethnique  visant des élevés et des étudiants Tutsi ; Quand la haine ethnique a atteint son lycée, Agathe Uwilingiyimana s’est illustrée en prônant l’amour de l’autre et l’harmonie et elle a conseillé ses camarades de ne pas céder/se mêler à la haine ethnique.  Malheureusement les élevés Tutsi de sa classe fut chassés du lycée, par la suite elle a encouragé deux d’entre eux  à reprendre leurs études.
  • Un autre trait de sa personnalité était  son rejet pour l’injustice et l’intolérance.
  • Après les études secondaires,  contrairement à la majorité des rwandaises qui s’empressait de se marier (pour se conformer à la tradition), elle a fait le choix de poursuivre les études universitaires.
  • Elle avait candidaté à  l’institut Pédagogue National et a été acceptée dans les maths-chimie à Butare. Elle a opté pour une carrière d’enseignante à la place de celle d’ingénieur pour se consacrer aux plus jeunes.
  • Avec son mari, ils prenaient en charge financièrement trois foyers : le leur, celui de ses parents et celui de ses beaux-parents.
  • A Butare, elle avait créé une coopérative des enseignants pour que les enseignants de faible revenus et ceux de moyens revenus puissent s’entraider. Chaque enseignant contribuait  à hauteur de 1000 Francs rwandais. A la fin  Agathe Uwilingiyimana s’est retrouvée à gérer une grosse somme d’argent.
  • En 1989, Agathe Uwilingiyimana est promue directeur des PMI, Petites et Moyennes Industries à Kigali. Un ancien collègue a témoigné : «Quand elle est arrivée, elle nous a étonnés avec son sens de dialogue, du débat et son intransigeance. Quand elle était convaincue qu’une décision était juste, elle ne changeait pas d’avis. Elle faisait face à ses supérieurs quand elle considérait qu’elle avait raison. Quand elle n’était pas sûre, elle pouvait changer d’avis. Son côté féminin pouvait surgir et les hommes l’appréciaient pour cela. ».
  • Elle avait fondé l’association SERUKA, en collaboration avec d’autres femmes intellectuelles rwandaises. L’objectif de l’association était de promouvoir la contribution des femmes rwandaises pour qu’elles soient plus actives dans le développement du pays. Elle avait fait le constat que les femmes étaient reléguées au second plan.
  • En 1992, elle est devenue ministre de l’éducation primaire et secondaire pour le compte du parti MDR. Une ses actions notable a été de mettre fin au système de quota sur la base de l’ethnie et du régionalisme dans les écoles qui favorisait les inégalités dans la population rwandaise et à la place elle a encouragé un système basé sur le mérité.
  • Le 08 mai 1992, elle a été agressée par les Interahamwe pour avoir abrogé le système des quotas. Des milliers des femmes accompagnées de leurs filles ont bravé alors Interahamwe et ont manifesté pour la soutenir.
  • 18 juillet 1993, elle est devenue la première et à ce jour la seule femme Première Ministre du Rwanda.
  • Le 07 avril 1994, elle est assassinée par les éléments des Forces Armées Rwandaises.
  • Aujourd’hui elle fait partie des héros nationaux au Rwanda
Une synthèse du CR du procès  du TPIR ayant couvert l’assassinat d’Agathe Uwilingiyimana. L’affaire Military I

En tout plus d’une dizaine des témoins ont déposé sur le rôle joué par la MINUAR pour permettre à Agathe Uwilingiyimana d’adresser un message à la nation sur les ondes de Radio Rwanda et sur les auteurs et l’organisation de l’attaque perpétrée contre l’enceinte de la résidence de la Première  inistre. Je ne citerai que quelques témoignages, cohérents et évalués par la chambre comme état pertinents.

Le 06 avril 1994

Au moment de l’attentat, Agathe Uwilingiyimana était  chez elle à Kiyoyu à Kigali (200m à 300m de l’Ecole Supérieur Militaire ESM). Sa sécurité était composée de 10 gendarmes rwandais et de 6 casques bleus ghanéens de la MINUAR. Elle est informée de la mort du président Habyarimana vers 20h30min par le chef du détachement rwandais chargé de la sécurité. Il lui a conseillé alors de partir avant que la zone ne soit bloquée et elle a refusé. Elle a eu le General Dallaire au téléphone plusieurs fois et lui a confié avoir eu des difficultés à joindre les membres de son cabinet. Elle a voulu adresser un discours à la nation, mais tous les efforts que le Général Dallaire a déployés ont été vains car les hautes instances de l’armée rwandaise s’y sont opposées (la  haute hiérarchie de l’armée, la garde présidentielle positionnée à Radio Rwanda et les barrages tenus par les militaires).

Le 07 avril 1994

Le 07 avril à 5h du matin, une escorte de Lotin (soldat de la MINUAR) composée de quatre jeeps est arrivée à la résidence d’Agathe Uwilingiyimana, ils avaient reçu les informations sur l’emplacement d’un barrage routier par lequel il était possible de passer. L’inquiétude était palpable chez elle, les gendarmes chargés de sa sécurité avaient reçu des informations de leur commandement de peloton que « des membres de la Garde présidentielle seraient en train de sillonner le quartier de Kimihurura, à Kigali et de s’en prendre aux Ministres du Gouvernement ». Dans la nuit, la Première Ministre avait demandé à la MINUAR un renforcement de sa sécurité et les gendarmes chargés de sa sécurité, pendant qu’ils cherchaient un issue pour s’échapper, avaient constaté que «Les barrages routiers situés dans le voisinage de la résidence avaient été renforcés par des militaires, et qu’un véhicule blindé appartenant au bataillon de reconnaissance était arrivé sur les lieux et qu’il avait pointé ses canons sur l’enceinte de la résidence de la Première Ministre. Les militaires qui assuraient la garde du barrage routier situé à proximité de l’ESM tiraient périodiquement des coups de feu et des grenades sur l’enceinte de la résidence de la Première Ministre».

Le témoin XXO, qui a déposé dans ce procès sur l’organisation et sur les auteurs de l’attaquée perpétrée contre l’enceinte de la résidence de la Première Ministre, était présent et a indiqué au TPIR que « vers 5 heures du matin, après l’arrivée des casques bleus belges, l’enceinte de la résidence de la Première Ministre a été la cible de tirs nourris aux armes à feu et à la grenade. À peu près au même moment, le détachement chargé de la sécurité de la Première Ministre s’employait à faire en sorte que la Première Ministre puisse se réfugier dans l’enceinte de la résidence d’un diplomate américain qui jouxtait la sienne. Cette tentative s’étant avérée infructueuse, les gendarmes ont aidé la Première Ministre, son mari et ses enfants, à se cacher dans une autre maison proche de la leur, mais dans des pièces différentes ». Avant de partir se cacher, Agathe Uwilingiyimana avait parlé au général Dallaire pour lui indiquer que des militaires rwandais s’étaient positionnés devant sa résidence. Après avoir caché la famille de la Première Ministre, les gendarmes rwandais sont retournés devant sa résidence pour suivre l’évolution des événements.

Entre 7h30 et 8h00

«Un grand nombre de militaires appartenant à la Garde présidentielle et à l’ESM ont marché sur la résidence de la Première Ministre et ont ordonné aux casques bleus et aux gendarmes de déposer leurs armes. Les militaires rwandais, qui avaient continué à marcher sur la résidence de la Première Ministre ont ensuite ouvert le feu contre celle-ci. Les gendarmes ont battu en retraite et se sont repliés dans la maison voisine où s’était cachée la Première Ministre. Les casques bleus ont été désarmés et conduits à bord d’un minibus au camp Kigali, situé non loin de là ».

Vers 8 h 30 ou 9 heures

Le témoin XXO a pris contact avec sa hiérarchie pour l’informer sur l’attaque qui était en cours, la réponse sa hiérarchie a été qu’elle « demanderait au cours d’une réunion regroupant des officiers militaires qui se tenait à l’ESM ce matin-là qu’il soit mis fin à l’attaque ». Plus tard, le témoin XXO a reçu un appel de sa hiérarchie au même moment que les militaires rwandais donnaient l’assaut à la résidence où était cachée la Première Ministre. Ils ont arrêté le témoin XXO et les gendarmes faisant partie du détachement chargé de la protection de la Première Ministre. « Le témoin XXO les a ensuite entendus crier qu’après avoir fouillé la maison, ils avaient débusqué la Première Ministre ».

Le témoin AE

Il  a déposé lui aussi sur l’organisation et sur les auteurs de l’attaquée perpétrée contre l’enceinte de la résidence de la Première Ministre.

« Le 7 avril 1994 au matin, le témoin AE qui était en poste à un barrage routier situé à proximité de l’ESM, a entendu des militaires de l’ESM crier que la Première Ministre avait été débusquée, suite à quoi, il l’avait vue sortir d’une maison située non loin de là. Selon AE, des militaires venant de la résidence de la Première Ministre et du camp Kigali s’étaient alors dirigés vers elle en courant. À son dire, la Premèrer Ministre a demandé à ne pas être tuée et à être plutôt conduite à l’état-major de l’armée. Il a entendu plusieurs militaires discuter de ce qu’il y avait lieu de faire d’elle, certains d’entre eux disant qu’elle devait être tuée alors que d’autres soutenaient qu’elle devait être conduite à l’état-major de l’armée. Le témoin AE a indiqué qu’il avait donné l’ordre à ses hommes de retourner à leurs postes à l’ESM et que quelques minutes plus tard, il avait entendu des coups de feu. »

Le corps dénudé d’Agathe Uwilingiyimana, était laissé dans l’enceinte de sa résidence. Elle avait subi des agressions sexuelles (ma sensibilité ne me permet pas de retranscrire les termes  utilisés dans le CR du TPIR). « Des militaires appartenant à plusieurs unités, y compris la Garde présidentielle, l’ESM, le bataillon de reconnaissance et le bataillon Huye ont été vus en train de marcher dans la résidence».

La version d’un témoin à charge ATY

Nota : La chambre avait fait observer qu’une partie du témoignage d’ATY a été contestée

ATY a dit que quelques jours avant le 06 avril 1994, son mari lui avait montré une liste des noms des personnes à tuer. Les noms d’Agathe Uwilingiyimana, de Faustin Rucogoza, de Landoald Ndasingwa et de Frédéric Nzamurambaho étaient sur la liste parmi d’autres noms. (Toutes ces personnalité ont été assassinées le 07 avril 1994. Je me permets de partager ici le e témoignage de Fernand Nzamurambaho à RFI « « Des gendarmes chargés de la protection de notre villa sont venus nous alerter », raconte Fernand Nzamurambaho, dix-neuf ans à l’époque. Des militaires sillonnent le quartier pour recenser exactement qui loge où. « Nous étions terrorisés, blottis tous ensemble dans un espace éloigné des fenêtres », poursuit Fernand. Arrive alors un groupe d’une douzaine de militaires en treillis. Ils fouillent la maison de fond en comble, réunissent les domestiques et tous les membres de la famille dans le salon pour procéder à des identifications. Ils finissent par partir. « Nous étions soulagés, nous pensions que c’était fini », poursuit Fernand. Mais un petit groupe d’hommes fait immédiatement marche arrière, et rassemble de nouveau tout le monde dans le salon. « Ils ont tué l’un après l’autre, mon père, ma mère et mes deux frères âgés de 22 et 15 ans. Pas de rafales. A chaque fois, une balle a suffi », précise Fernand. Dans le désordre, il a été épargné. »).

Le 07 Avril au matin, les militaires appartenant à la garde présidentielle sont arrivés chez elle (ATY), ils ont voulu l’assassiner car « qu’il fallait que tous les Tutsis soient tués ». Un des militaires leur a dit « Pourquoi veux-tu tuer cette dame ? Le haut gradé nous a donné une liste, il a demandé que nous ayons fini avec toute cette liste à 13 heures. Est-ce que tu penses que nous en aurons fini avec toutes les personnes qui figurent sur cette liste ? Tu penses qu’on aura sillonné tout le quartier de Kiyovu à 13 heures ? ». Un capitaine de la Garde présidentielle lui avait conseillé de quitter son domicile et sur le chemin elle « a entendu l’un des militaires dire à la Première Ministre « Je ne vous connais pas. Je n’ai rien contre vous, mais [le haut gradé et le Gouvernement nous ont demandé de vous tuer] ».

Nota : à titre personnel, je prends ce témoignage avec des pincettes car dans le CR du TPIR, la chambre n’a pas été « convaincue de la crédibilité et de la fiabilité de son témoignage » sans remettre en cause son vécu personnel. J’encourage tout le monde à aller lire le CR pour se faire un avis.

Délibération

Les avis de la chambre :

  • Elle a jugé «les récits des anciens de la MINUAR « concordants et crédibles sur les démarches infructueuses entreprises par Dallaire afin de convaincre le haut gradé de prendre contact avec la Première Ministre de même que sur les vains efforts qu’il a déployés pour que le 7 avril au matin, elle puisse adresser à la nation un message diffusé sur les ondes de la radio »
  • Elle a estimé « qu’il résulte de l’ensemble des éléments de preuve pertinents présentés en l’espèce que les officiers supérieurs de l’armée rwandaise, dont le haut gradé de l’armée rwandaise étaient, selon toute vraisemblance, au courant de ce plan plus précis ». A savoir qu’Agathe Uwiligiyimana puisse adresser un discours à la nation
  • Elle a considéré que « les témoignages de première main portés par les témoins XXO et AE sur ce qui s’était passé chez la Première Ministre  du 6 au 7 avril 1994 sont à la fois crédibles et convaincants. Ces témoins avaient tous deux été en mesure de suivre les faits qui s’étaient déroulés et la Défense ne conteste pas, d’une manière générale, l’exactitude de leurs dépositions. Il appert clairement de leur relation des faits que des éléments de la Garde présidentielle et du bataillon de reconnaissance ont participé à l’attaque perpétrée contre la résidence de la Première Ministre, de même qu’à l’assassinat de celle-ci et à l’agression sexuelle dont elle a été victime ».
  • Elle a considéré aussi que « les dépositions de DA, DAK, HP, XXJ et Ruggiu (autres témoins) corroborent à divers degrés les éléments de preuve produits à cet égard. Elles confirment les principaux points évoqués dans les témoignages de XXO et d’AE sur le rassemblement des troupes autour de la résidence de la Première Ministre, la présence de véhicules blindés sur les lieux et l’état dans lequel se trouvait le corps de la victime. La Chambre relève qu’aucune contestation particulière n’est soulevée par la Défense sur leur déposition sur ces questions à caractère général ».

Les arguments de la défense

« La Défense fait valoir que les témoignages de XXO, de AE et d’autres personnes établissent sans équivoque le caractère chaotique de l’attaque, ce qui démontre qu’elle n’est pas conforme au canevas d’une opération militaire organisée. À l’appui de cette thèse, la Défense de haut gradé de l’armée rwandaise invoque la déposition de Marchal qui, après avoir examiné le témoignage de AE, a affirmé que le meurtre de la Première Ministre ne semblait pas avoir été organisé, attendu que ses auteurs ne s’étaient pas entendus sur ce qu’il fallait faire d’elle ».

Les observations de la chambre :

  • La proximité dans le temps du meurtre d’Agathe Uwilingiyimana  avec le meurtre d’autres politiciens modérés perpétré dans le quartier de Kimihurura qui jouxtait Kiyovu.
  • L’utilisation des véhicules blindés et le rassemblement des militaires au cours de la nuit.
  • La participation des éléments appartenant à des unités d’élite de l’armée rwandaise.

Pour la chambre ces observations « constituent des raisons valables de penser qu’il s’agissait d’une opération militaire organisée ».

Ce que la chambre a refusé catégoriquement :

  • « D’ accueillir dans ce contexte l’idée que des unités d’élite de l’armée rwandaise puissent se permettre de tirer de manière soutenue des balles et des grenades contre des gendarmes rwandais et des casques bleus de l’ONU, de les arrêter ensuite,  puis d’assassiner sauvagement et d’agresser sexuellement la  Première Ministre de leur pays ».
  • sans que leurs actes ne s’inscrivent dans le cadre d’une opération militaire.
  • Selon le témoignage d’AE, certains militaires avaient refusé de suivre cette ligne de conduite. Cet élément n’entrait pas en contradiction avec la conclusion ci-dessus.
  • La chambre a eu des difficultés à Imputer l’opération militaire aux accusés « Elle fait observer toutefois que la question qui consiste à savoir dans quelle mesure la responsabilité de cette opération militaire peut être imputée aux accusés continue de se poser ».

Malgré cela, la chambre a considéré que :

  • Le haut Gradé exerçait son autorité sur l’armée rwandaise au moment de l’attaque
  • l’ordre de perpétrer une telle attaque ne pouvait émaner que de la plus haute autorité militaire du pays qui était à l’époque ce haut gradé de l’armée rwandaise.
  • qu’elle garde également présent à l’esprit le refus de l’accusé de prendre contact avec la Première Ministre, le fait qu’il la soupçonnait d’être impliquée dans une tentative de coup d’État, et la connaissance qu’il avait de l’intention de la MINUAR de la voir adresser un message à la nation.
  • Elle n’avait pas de preuves suffisantes pour conclure que les trois autres militaires accusés étaient impliqués directement dans ce crime.

Conclusion Juridique

Ici, je ne cite que la conclusion juridique relative au crime d’Agathe uwilingiyimana :

La chambre « a conclu que le haut gradé était  impliqué dans les crimes qui ont été commis contre Agathe Uwilingiyimana » et les autres personnalités ou populations.

La suite du CR parle de la responsabilité pénale. Je vais juste citer un paragraphe qui me parle tout en encourageant pour une énième fois les personnes à lire d’eux-mêmes les CR du TPIR.  La chambre a soulevé un questionnement que je me pose depuis de nombreuses années. La conclusion est  relative au « fait de ne pas avoir empêché ou de ne pas avoir sanctionné ». La chambre a réfuté « catégoriquement l’allégation selon laquelle les crimes commis par les subordonnés du haut gradé de l’armée rwandaise étaient, dans une certaine mesure, spontanés et que l’armée ne disposait pas des ressources nécessaires pour y mettre fin tout en combattant le FPR. Elle fait observer que s’il est vrai qu’elle manquait de ressources, c’est bien parce que celles-ci avaient été engagées par les autorités militaires dans la voie de la perpétration de crimes »

Qui a décidé d’utiliser les moyens de l’armée rwandaise contre sa propre population et ce au plus fort de la guerre ? En effet dans mon quartier paumé de Kigali, sur la route de Kadhafi une auto blindée est passée à trois reprises !

Je pense que le rôle premier d’une armée est de protéger un pays, sa population. Au Rwanda les autorités ont tendance à faire de l’armée leur jouet  personnel. L’armée est utilisée souvent contre son peuple. C’était vrai hier et c’est toujours le cas aujourd’hui.

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