L’Observatoire des Droits de l’Homme au Rwanda (ODHR) a publié, le 8 mai 2026 à Paris, une déclaration urgente appelant à l’ouverture d’une enquête internationale impartiale après le décès annoncé du professeur Karasira Aimable Uzaramba à la prison de Mageragere, à Kigali.
Dans cette déclaration datée du 8 mai 2026 et signée par Laurent Munyandilikirwa pour l’ODHR, l’organisation affirme avoir appris avec « stupéfaction » la mort du professeur Karasira alors qu’il arrivait au terme de sa peine de cinq ans d’emprisonnement. Selon l’organisation, il devait être libéré le mercredi 6 mai 2026 après avoir accompli les formalités liées à sa sortie.
L’organisation rappelle que Karasira Aimable avait été arrêté le 30 mai 2021 puis condamné à cinq ans de prison à l’issue d’un procès que plusieurs observateurs et défenseurs des droits humains avaient dénoncé comme entaché d’irrégularités. Durant sa détention, il a dénoncé des actes de torture ainsi que de mauvais traitements.
Des circonstances jugées « obscures et incohérentes »


Le communiqué souligne que des journalistes, des youtubeurs ainsi que plusieurs proches attendaient la sortie du professeur Karasira depuis le matin jusqu’en soirée le jour prévu de sa libération. Selon des contacts de terrain cités par l’ODHR, Karasira a été aperçu vivant après avoir terminé les formalités administratives de libération.
Toujours selon ces témoignages relayés par l’organisation, les services pénitentiaires auraient refusé de le laisser quitter la prison, affirmant qu’il devait d’abord recevoir des soins médicaux. L’ODHR affirme cependant que les autorités pénitentiaires n’auraient fourni aucune explication claire sur les raisons de ce refus de sortie.
L’organisation estime également que les circonstances du décès « ne sont ni claires ni plausibles », relevant notamment que le communiqué des services pénitentiaires publié le 7 mai 2026 ne préciserait pas la date exacte du décès. Elle s’interroge aussi sur le fait que l’annonce officielle de la mort soit intervenue au lendemain du jour prévu de sa libération.
Appel à une enquête internationale
Face à ces éléments, l’ODHR appelle les organisations de défense des droits humains, les missions diplomatiques ainsi que les institutions internationales à demander l’ouverture d’une enquête internationale indépendante afin de faire toute la lumière sur cette mort.
L’organisation demande également que les éventuels auteurs et complices soient poursuivis si des responsabilités venaient à être établies.
Dans sa conclusion, l’ODHR rappelle que « la liberté d’opinion, la défense de la dignité humaine et la protection des droits humains doivent être les piliers de la paix dans nos pays ».
Alice Mutikeys
Les-Mutikeys — D’ici et d’ailleurs. Et parfois de nulle part. Parce que la dignité n’a pas de frontière.