Analyse de l'actualité

Rwanda : Uwimbabazi Irène : humiliée, frappée, noyée, torturée et violée pour avoir demandé justice pour son mari.

Ce 04 aout 2020, les malfaiteurs ont attaqué le domicile de la veuve Uwimbabazi Irène, l’ont violée, l’ont frappée, ont entaillées ses  oreilles, l’ont cagoulée et bâillonnée avant de la laisser inerte dans un champ de bananier.[1]

Ces violences extrêmes sont les secondes dans l’espace d’une semaine car le lundi 27 juillet 2020, les mêmes agresseurs avaient attaqué Madame Uwimbabazi et l’avait frappée, étranglée et noyée dans une rivière. Heureusement pour elle, un homme avait pu la sauver au petit matin. A la suite de cela elle avait été hospitalisée.

Uwimbabazi

Les intimidations avaient repris le 26 juillet lorsque des criminels avaient saccagé le champ de bananiers de Mame Uwimbabazi.

Si vous vous demandez ce que Mme Uwimbabazi a pu faire dans le Rwanda de Kagame pour mériter un tel sort, ci-dessous la traduction d’un article du journal The Chronicles, qui relate l’affaire d’une veuve qui ne fait que demander la justice pour son mari!

Le 31 juillet 2020, le journal avait titré : Un commerçant qui  a commis un meurtre en liberté. Il s’en prend maintenant  à l’épouse de la victime pour avoir parlé.

Une mère de quatre enfants est hospitalisée dans le sud du Rwanda après que des mercenaires ont failli la tuer. Son mari a été battu à mort en février et un enquêteur du gouvernement  rwandais a classé le dossier.  Nous vous avions révélé le calvaire de la veuve Uwimbabazi  pour la première fois dans notre article du 1er juillet 2020 : Businessman ‘Tortures’ Father of Four Who Later Died, RIB Investigator Buries Dossier

Le lundi 27 juillet dernier, Uwimbabazi a été attaquée près de son village dans la cellule de Buhoro, secteur de Ruhango, district de Ruhango. Les agresseurs, qu’Uwimbabazi a identifiés, ont tenté de la noyer dans une rivière voisine. Tout le village vit dans la peur d’un homme d’affaires local, Simon Majyambere, et on pense que c’est lui qui a engagé les agresseurs d’Uwimbabazi.

Majyambere Simon est un riche commerçant dans le centre du Rwanda. Il est connu pour avoir terrorisé tout le village et travailler de pair avec la police locale, de ce fait c’est un homme intouchable, qui se croit tout permis avec la complicité des autorités locales.

Dans notre article, nous décrivons en détail comment Mujyambere et d’autres personnes ont torturé Nzayisenga John en février après qu’il ait été trouvé dans la forêt de l’homme d’affaires en train de couper du bois. Nzayisenga est mort plus d’un mois plus tard des suites de ces tortures.

Un enquêteur en chef de l’office d’investigation du Rwanda (RIB), Gaspard Musangirumutima, s’est occupé de l’affaire, mais l’a mystérieusement classée. Suite à notre article que nous avons réalisé en collaboration avec Radio HUGUKA, l’homme d’affaires Majyambere et un complice ont été arrêtés et inculpés par un tribunal de Ruhango. L’inspecteur en chef Musangirumutima a quant à lui  été rappelé de la police  Ruhango, mais n’est pas poursuivi.

Feu John Ndayisenga

Nous avons depuis constatés que l’homme d’affaires Majyambere et son complice Nyandwi Innocent ont été libérés sous caution par un tribunal le 20 juillet 2020. Il est maintenant un homme libre, et depuis lors, il tourmente la famille du défunt Nzayisenga.

Outre la tentative de meurtre de la veuve de Nzayisenga, la famille a reçu des tracts jetés devant sa maison. Un tract l’avertit de retirer l’affaire, et lui conseille de consacrer son temps à la famille et ne pas de considérer le statut de celui qui lui écrit.

Nous avons rendu visite à Uwimbabazi au centre de santé de Byimama où elle est hospitalisée. Ses voisins du village ont également peur de parler de crainte d’être pris pour cibles. La population locale demande une nouvelle enquête sur cette affaire et qu’elle soit réglée une fois pour toutes.

Elle pouvait à peine se tenir debout lors de la sortie de l’hôpital et a été frappée, violée… quelques jours après! Peut être que si 10% des femmes de la catégorie « élite » avait exprimé son indignation dès la première agression verbale, peut-être qu’Uwimbabazi n’aurait pas été frappée, violée…notre silence est le signe de notre complicité.

Lors de l’enquête initiale que nous avons menée, nous avons signalé que l’enquêteur DCI Musangirumutima avait ordonné à la famille d’enterrer le corps du défunt Nzayisenga avant qu’une autopsie puisse être réalisée. Le porte-parole du RIB, Bahorera Dominique, a déclaré lors d’une interview cette semaine que l’enquêteur avait été rappelé au quartier général et faisait l’objet de mesures disciplinaires pour ne pas avoir respecté la procédure de traitement des affaires.

D’après notre enquête, le DCI aurait rétorqué à la veuve Uwimbabazi : « Mada iwawe narahageze n’abana ufite narababonye, ubundi wemera ko abagabo barutanwa ? Jyenda ucire abana bawe inshuro ubundi urekere aho’… »

Ce que l’agent du RIB a dit à cette femme peut être traduit  par « Madame, je suis venue chez vous et je connais vos enfants ». Savez-vous que les tous les hommes n’ont pas la même valeur ? Allez-vous occuper de vos enfants et oubliez le reste ».

Traductions des articles publiés par The Chronicles et par  Ijisho ry’Abaryankuna


[1] https://www.abaryankuna.com/uwimbabazi-irene-yahatswe-kwica-ubugira-kabili-arembeye-mu-bitaro-bya-kigali-chik/

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