Analyse de l'actualité

Commission Congo : Et si la Belgique avait organisé un « Dîner de cons » avec en invités de marque les Rwandais ?

Nota : cet article a été écrit le jeudi 08/10/2020, tout lien avec une ou des pétitions est purement fortuit.

Cet été 2020 la Belgique a annoncé avoir mis en place une commission dite « Commission Congo » dont l’objectif est de « faire la paix avec le passé colonial » de la Belgique. Pour ce faire la commission analyserait et étudierait le passé colonial de la Belgique dans les pays qu’elle a colonisés parmi lesquels le Rwanda, cette commission tirerait des leçons et analyserait si les « certaines » réparation ou excuses sont nécessaires.

Sur le papier ce projet néo colonialiste belge semble séduisant sauf qu’en pratique pour le Rwanda c’est mal parti. Rentrons dans le vif du sujet.

Un Diner des cons pour les nuls

Pour ceux qui n’auraient pas vu le film Le Dîner des cons, c’est un film français très connu dans lequel les invités qui se croyaient supérieurs à l’autre organisaient un diner, une fois par semaine, et une personne atypique ou qui a une passion atypique était conviée pour qu’ils se moquent de lui ou de sa passion. Tous les convives étaient dans la combiné sauf l’invité atypique qui lui était de bonne foi.

Le Dîner des Cons une comédie culte. Pour les Rwandais la morale de cette histoire est que nous sommes tous un con/ une conne de quelqu’un 🙂

Pourquoi la Commission Congo me semble être un Diner des cons ?

1. Une commission inutile

En toute humilité je ne suis pas une experte mais je suis passionné de l’Histoire et j’aime penser que je milite pour l’intérêt du Rwanda, je ne suis pas intelligente mais j’ai un cerveau qui sait analyser. A ce titre je sais que pendant la première guerre mondiale, un des principes du droit international qui a été proclamé est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce principe établit que : « Chaque peuple dispose ou devrait disposer du choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère ». Ce que nous savons est que les peuples colonisés dont le peuple rwandais ont été privés de ce droit. Dire que la colonisation est crime est un droit que le peuple rwandais dispose aujourd’hui. Eu égard des tortures que les colons belges ont fait au Rwanda (par exemple la chicote), le peuple rwandais est en droit de réclamer que la colonisation belge soit reconnue comme un crime contre l’humanité. A-t-on besoin d’avoir fait des grandes études pour faire ce constat ? Chaque personne y répond comme elle le pense, mais pour moi la réponse est NON et de plus je n’ai pas besoin que celui qui a commis ce crime (la Belgique) soit lui qui détermine la nature du tort qu’il m’a fait subir (moi en tant qu’une partie prenante du peuple rwandais). Alors depuis le départ je vois cette commission comme une commission belge mise en place par les belges et pour les intérêts de la Belgique. N’étant pas belge cette commission ne m’intéresse pas et je veillerais à ce qu’il n’y ait pas une forme de néo-colonialisme dans laquelle l’on pourra faire passer cette commission comme agissant pour les intérêts du Rwanda, la panafricaine en moi bouillonne.

2. Le « retour » du diviser pour mieux dominer

Le sujet qui occupe une partie des Rwandais est la composition de la commission car une experte belge d’origine rwandaise a été choisie et ce choix clive les Rwandais. On peut dire que l’experte fait partie d’une association Jambo Asbl qui est vu par une partie des Rwandais (à tort ou à raison) comme représentant les intérêts des « hutus » et la commission devra consulter une autre association Ibuka qui elle aussi est vu par une partie des Rwandais (à tort ou à raison) comme représentant les intérêts des « tutsi », c’est toute la subtilité belge !

Voir le texte à côté du trait violet!

Même si aujourd’hui il y a une partie des Rwandais qui clament haut et forts que les groupes hutu, tutsi et twa étaient des classes socio-économiques et que c’est le colonisateur qui a imposé ces groupes comme des ethnies, la Belgique persiste et signe et continue à voir le peuple rwandais au travers de ce prisme « ethnique », un prisme qu’elle a elle-même crée ! C’est bien connu que pour résoudre un problème il faut utiliser la méthode qui l’a créé ! (Ironique).

3. Pourquoi peut-on dire que la Belgique a imposé les ethnies au Rwanda ?

Parmi les historiens Rwandais, il existe un courant qui affirme que les ethnies ont toujours existé au Rwanda et que la Belgique n’a fait que les inscrire dans des cartes d’identités ! Sauf que ce groupe n’explique jamais pourquoi la Belgique a eu besoin de mesurer la taille et la forme des nez, la taille des personnes, le nombres des vaches pour classer tous les Rwandais dans les ethnies ? Ce groupe préfère éviter la question de savoir pourquoi le peuple rwandais possède une même langue, une même culture pourquoi à part les critères établis par les belges rien ne permet de faire la différence entre les groupes hutu, tutsi et twa ?

Parler de la Belgique qui mesure les nez des Rwandais est faire référence à une page sombre de l’Histoire du Rwanda.

4. Depuis que la commission a été annoncée les Rwandais passent pour des cons

J’ai essayé de suivre les débats autour de cette commission, Eleanor Roosevelt a dit que : « Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des gens », dire que cette citation reflète ce à quoi nous assistons ne pas à mon sens mentir. Même le parlement rwandais ait écrit pour condamner le choix de l’experte rwandaise. A mon sens les belges avaient anticipé la petitesse d’esprit des Rwandais en mettant en place un prisme hutu/tutsi, une manœuvre habile pour empêcher tout débat d’idées !

Ou les Belges n’ont toujours pas compris que les Rwandais ont du mal avec leur humour belge. 🤣😅

Pourtant lorsque l’on parle des séquelles de la colonisation belge sur la société rwandaise ce ne sont pas les idées qui manquent :
– La Belgique comme colonisatrice a –t- elle considéré la civilisation rwandaise (qui date de plus de 1000 ans) ?
– Pourquoi l’église traditionnelle rwandaise a été éradiquée ?
– Où sont passés les us et coutumes de nos ancêtres ?
– Pourquoi les colonisateurs ont imposé les ethnies au Rwanda ?
– Pourquoi les colonisateurs et les néo colonisateurs sont toujours du côté de celui au pouvoir en taisant l’oppression qu’il fait subir au peuple Rwandais ?

La liste est certainement longue et varie en fonction de la compréhension de chaque personne de l’Histoire du Rwanda mais force est de constater que le débat sur les idées est étouffé par le débat sur les personnes !

Pour ma part je ne suis ni pour ni contre laure Uwase, ni pour ou contre un autre Rwandais, et je condamne fortement chaque personne qui est contre un autre Rwandais pour les intérêts des occidentaux, je suis tout simplement pour l’intérêt du peuple rwandais et cela passe par admettre que la colonisation au Rwanda a été un crime sans avoir besoin que la Belgique m’y autorise.
J’affirme haut et fort que pour tous les sujets y compris la colonisation belge, le peuple rwandais doit disposer de son choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère.
Le triste spectacle auquel nous assistons les Rwandais qui agissent contre d’autres Rwandais (ajout post 08/10/2020 : plus de 1000 personnes pour et plus de 600 personnes contre) devrait nous faire prendre conscience que ce conflit imposé par la Belgique (ou toute autre puissance étrangère) pour opposer des Rwandais contre d’autres Rwandais doit cesser dans l’intérêt du peuple rwandais, «Intambara umunyarwanda arwana nundi Munyarwanda igomba guhagarara ». Car personne ne gagne nous perdons tous.

Pour prendre un peu de hauteur, au moment où un débat sur les personnes nous est imposé par les partie prenantes de la commission Belge, en dehors de la sphère rwandaise le débat d’idées peut se faire ! L’exemple est le scientifique belge Pierre Lierneux qui a déclaré à RFI que : « La Commission d’enquête parlementaire doit, si elle désire, faire appel aux historiens, définir préalabl ement des questions précises pour que les historiens, de manière collégiale, puissent y répondre de manière précise. Or, aujourd’hui, les questions ne sont pas posées de manière précise et les historiens qui se trouvent mêlés à l’ensemble du groupe d’experts n’ont pas la liberté, le temps, la distance, pour pouvoir se concerter et établir un travail, un rapport qui soit complet sur ces questions ». Vous l’aurez compris les grands esprits discutent d’idées !
Je suis le capitaine de mon destin, je milite pour que le peuple rwandais soit le capitaine de son destin !

« La vie était comme un tapis roulant. Elle continuait avec détachement, sans hâte ni précipitation, et ma seule pensée était de rester debout bien droite et de garder à la fois mon secret et mon équilibre » Maya Angelou.


Alice Mutikeys, panafricaine par conviction, disciple de Niyomugabo Nyamihirwa sur un malentendu 🙂

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