Analyse de l'actualité

Interview d’Emmanuel Macron, les trois points à retenir sur la Françafrique assumée

Ce 20 novembre 2020 Jeune Afrique a publié une interview d’Emmanuel Macron dans laquelle il faisait le bilan de sa politique africaine. Selon le président français sa politique serait différente des vieilles habitudes françaises en matière de déstabilisation du continent africain. Nous avons retenus trois points qui démontrent le contraire, que la fin de la Françafrique viendra des africains eux-mêmes. Les Africains doivent prendre conscience qu’il est primordial de construire une Afrique capitaine de son destin s’ils ne veulent pas une Afrique dont le destin serait lié à celui de la France comme le souhaite le néo-colonisateur Emmanuel Macron.

  1. Emmanuel Macron infantilise les Africains

Tout au long de l’entretien c’est tonton Macron qui parle, entre la démocratie qui serait bien pour une partie des pays africains et le recours à la politique de « non-ingérence » lorsque la démocratie est bafouée par les dictateurs qui travaillent pour les intérêts de la France, on peut comprendre que pour le président français l’Afrique est bonne élève lorsqu’elle se prie à ses volontés peu importe le bilan en matière de violation des droits fondamentaux. En ayant défendu la politique des dictateurs africains Macron a eu le culot de demander aux peuples africains d’aimer la France : « Entre la France et l’Afrique, ce doit être une histoire d’amour », le peuple africain est le seul pour qui on évoque l’amour en politique ! Comprenez la phrase de Macron « je soutiens et je suis le VRP des Ouatarra, des Kagames …mais vous peuple africain victimes de ces dictateurs avez l’obligation d’aimer la France » !

  • Pour Macron, les africains ne peuvent pas agir par eux-mêmes

Interrogé sur le « sentiment anti-français » exprimé par de nombreux africains francophones notamment par la jeunesse africaine, la réponse de Macron a été surprenante. C’est un peu une des conséquences de la politique française en Afrique mais en grande partie car africains sont manipulés par les puissances étrangères : « Mais il y a également une stratégie à l’œuvre, menée parfois par des dirigeants africains, mais surtout par des puissances étrangères, comme la Russie ou la Turquie, qui jouent sur le ressentiment post-colonial. Il ne faut pas être naïf sur ce sujet : beaucoup de ceux qui donnent de la voix, qui font des vidéos, qui sont présents dans les médias francophones sont stipendiés par la Russie ou la Turquie ». 

Pourtant en décembre 2019, Mamadou Koulibaly avait expliqué à Emmanuel Macron les causes de ce qu’il appelle un ‘sentiment anti-français’ : « C’est un ras-le-bol, c’est un refus de la mainmise de l’Etat français sur nos autorités et, par ricochet, sur nos économies, sur nos peuples. Ce que nous refusons ce sont les relations incestueuses entre l’Etat français et les Etats africains. Parce que ces relations étouffent la démocratie, les droits de l’homme, le droit de demander des comptes à nos dirigeants ».

En ce mois de novembre 2020, on peut regretter qu’Emmanuel Macron en soutenant le viol constitutionnel d’Alassane Ouattara en Côte-d’Ivoire ait donné raison à l’opposant politique ivoirien Mamadou Koulibaly.

  • Macron souhaite une démocratie à géométrie variable pour l’Afrique

Emmanuel Macron a accédé au pouvoir à seulement 39ans, son jeune âge aurait pu porter l’espoir pour la jeunesse africaine d’un changement de méthodes et un espoir pour un président français en faveur de la démocratie en Afrique, comme l’a été Barack Obama. A la place bien que Macron soit conscient du problème : «  [en afrique] où il y a un échec relatif du renouvellement des générations, c’est en politique », Emmanuel Macron n’a pas hésité à tenir des propos ambigus sur la démocratie car ce qui est vrai pour un pays ne l’est pas forcément pour un autre pays :

Mali : la révolution voulu par le peuple malien a instauré un pouvoir non démocratique « Cela n’a échappé à personne : la transition en cours est militaire, pas démocratique ».

Transition en Algérie : les violations de droits fondamentaux ne sont pas dans les standards de la France. Sur ce pays contrairement au Mali, tonton Macron ne veut pas donner des leçons : « J’ai, à chaque fois, un dialogue de vérité avec le président, mais je ne suis jamais dans l’invective ni dans la posture du donneur de leçons ».

Guinée : le changement de la constitution est grave, mais alors grave : « La situation est grave en Guinée, pour sa jeunesse, pour sa vitalité démocratique », mais attention il ne faut pas la comparer avec celle en Côte-d’Ivoire.

Côte-d’Ivoire, pour Emmanuel Macron son ami Alassane Ouattara s’est sacrifié pour son pays : « Je pense vraiment qu’Alassane Ouattara s’est présenté par devoir ». On apprend que Emmanuel Macron est l’homme qui murmure à l’oreille d’Ouattara : « Nous avons eu une discussion très franche en septembre, quand il est venu ici. Tout le monde a bien noté ce long déjeuner en tête-à-tête que nous avons eu … Nous avons continué à avoir des discussions durant la campagne, puis au soir même du premier tour et plus récemment, le 14 novembre ». Pour les leçons tonton Macron n’a pas de scrupules à en donner car il va jusqu’à donner les directives sur la prochaine composition du gouvernement ivoirien : « Il devra sans doute faire des gestes d’ouverture dans la composition du prochain gouvernement ».

Cameroun : une autre exception à la politique de non-ingérence car Emmanuel Macron invite le dictateur africain« à effectuer des gestes d’ouverture » pour calmer la situation qui s’est de nouveau détériorée dans le pays.

Rwanda, depuis que le dictateur sanguinaire bosse pour la France, c’est un homme qu’Emmanuel Macron salue chaleureusement : « Je salue par ailleurs l’implication du président Kagame, qui a beaucoup pacifié le discours politique rwandais à l’égard de la France ces dernières années le pouvoir militaire en place est à saluer ».

Aucun africain ne ressent un sentiment anti-français car comme l’a bien dit Mamadou Koulibaly, j’écris en français là où j’aurais pu écrire en Kinyarwanda ! Je fais juste partie des africains lassées par cette politique de la Françafrique. Le plus triste est les africains quo continuent d’attendre que le changement vienne de la France, ils n’ont pas compris ce proverbe burkinabè : la main qui donne sera toujours au dessus de la main qui reçoit !

Alice Mutikeys

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