Rwanda : la dette publique pourrait atteindre un peu plus de 80 % du PIB d’ici 2022

Comme le montre la note de fin de mission publiĂ©e par le FMI sur son site internet, la dette du Rwanda pourrait passer de 71% en 2020 pour atteindre un peu plus de 80% en 2022.  Il est important de noter que ces prĂ©visions sont faites sur la base des informations fournies par les autoritĂ©s rwandaises dont la rĂ©putation en matiĂšre de tekiniker (manipuler les donnĂ©es pour montrer une bonne image du pays) n’est plus Ă  faire et avant le report du sommet du Commonwealth CHOGM 2021 dont l’impact sur l’économie rwandaise est certain.

La note du FMI

  • Les services du FMI sont parvenus Ă  un accord sur les politiques nĂ©cessaires pour achever la quatriĂšme revue au titre de l’instrument de coordination des politiques (ICP).
  • La croissance devrait rebondir Ă  5,1 % en 2021, aprĂšs une contraction de 3,4 % l’an dernier due Ă  la pandĂ©mie de COVID-19. Ce rebond intervient alors que les vaccins sont dĂ©ployĂ©s et que le gouvernement continue de soutenir l’Ă©conomie et la population par le biais du plan de relance Ă©conomique.
  • Pour attĂ©nuer les risques pour les perspectives exacerbĂ©es par la pandĂ©mie de COVID-19, la politique budgĂ©taire devra trouver un Ă©quilibre entre la viabilitĂ© de la dette et le renforcement de la reprise et de la croissance. La mise en Ɠuvre des rĂ©formes structurelles doit ĂȘtre accĂ©lĂ©rĂ©e, notamment en renforçant la gestion des risques budgĂ©taires pour favoriser une croissance inclusive et attĂ©nuer les risques liĂ©s Ă  la dette.

Washington, DC : Une mission du Fonds monĂ©taire international (FMI), dirigĂ©e par Haimanot Teferra, a tenu des rĂ©unions virtuelles avec les autoritĂ©s rwandaises du 22 mars au 6 mai 2021, afin de discuter de la quatriĂšme revue du programme du Rwanda soutenu par l’Instrument de coordination des politiques (ICP). À l’issue de la mission, Mme Teferra a publiĂ© la dĂ©claration suivante :

Paul Kagame n’est qu’un autre « dictateur », c’est un criminel, gĂ©nocidaire (plus de 6 millions des morts au Rwanda et en RDC), qui a rĂ©ussi Ă  s’enrichir lui et sa bande du FPR tout en appauvrissant la population rwandaise, le pays et l’est de la RDC.

La mission du FMI a eu des discussions productives avec les autoritĂ©s et est parvenue Ă  un accord au niveau des services sur les politiques nĂ©cessaires pour achever la quatriĂšme revue dans le cadre du PCI. L’achĂšvement de la revue est soumis Ă  l’approbation du Conseil d’administration du FMI. L’examen par le Conseil est provisoirement prĂ©vu pour fin juin 2021.

Le Rwanda continue de se battre avec les consĂ©quences de la pandĂ©mie de COVID-19. L’activitĂ© Ă©conomique s’est contractĂ©e de 3,4 % en 2020. Alors qu’une deuxiĂšme vague d’infections a entraĂźnĂ© un verrouillage de trois semaines Ă  Kigali au dĂ©but de 2021, une levĂ©e progressive des restrictions est actuellement en cours. La croissance devrait rebondir Ă  5,1 % en 2021, grĂące Ă  la campagne nationale de vaccination qui vise 60 % de la population d’ici fin juin 2022 et au soutien continu du gouvernement aux entreprises durement touchĂ©es et aux mĂ©nages vulnĂ©rables. Toutefois, les risques de baisse de la croissance restent importants en raison des incertitudes entourant la durĂ©e et l’impact de la pandĂ©mie, ainsi que la disponibilitĂ© des vaccins.

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Le dĂ©ficit budgĂ©taire au cours du premier semestre de l’exercice 20/21 a Ă©tĂ© plus important que prĂ©vu en raison de l’exĂ©cution accĂ©lĂ©rĂ©e de la construction d’Ă©coles et du calendrier des dĂ©caissements de l’appui budgĂ©taire, malgrĂ© la surperformance des recettes. L’inflation globale a atteint 2 % en glissement annuel en mars, principalement en raison de la baisse des prix des denrĂ©es alimentaires, et devrait rester modĂ©rĂ©e au cours des prochains trimestres. Le systĂšme bancaire reste stable, liquide et bien capitalisĂ©, mais la pandĂ©mie a contribuĂ© Ă  l’accumulation du risque de crĂ©dit. Le dĂ©ficit des comptes courants s’est creusĂ© en 2020, tandis que les rĂ©serves internationales brutes s’Ă©tablissent Ă  6 mois d’importations prĂ©visionnelles Â».

Les performances du programme ont Ă©tĂ© solides, tous les objectifs quantitatifs de fin dĂ©cembre 2020 ayant Ă©tĂ© atteints et tous les objectifs de rĂ©forme sauf un ayant Ă©tĂ© respectĂ©s. Toutefois, Ă  l’avenir, les risques pour les perspectives budgĂ©taires et de la dette se sont accrus. Le dĂ©ficit budgĂ©taire pour l’exercice en cours et les deux suivants devrait se creuser davantage en raison de la nĂ©cessitĂ© d’augmenter les dĂ©penses pour, entre autres, faire face au dĂ©ploiement du vaccin COVID-19, embaucher de nouveaux enseignants pour minimiser les cicatrices de la perte de capital humain, et apporter un soutien au secteur privĂ© et aux entreprises publiques. En consĂ©quence, la dette publique et garantie par l’État devrait augmenter pour atteindre un peu plus de 80 % du PIB d’ici 2022, contre 71,3 % Ă  la fin de 2020. Si le risque de surendettement du Rwanda devrait rester modĂ©rĂ©, les risques se sont accrus et les amortisseurs permettant d’amortir l’impact des chocs extĂ©rieurs ont diminuĂ© .

Compte tenu de la dĂ©tĂ©rioration des perspectives budgĂ©taires et de la dette, de l’incertitude quant au rythme de la reprise et de la frĂ©quence des chocs macroĂ©conomiques au Rwanda, il est essentiel de trouver un Ă©quilibre entre le soutien de la reprise Ă©conomique et le maintien de la responsabilitĂ© budgĂ©taire. L’action politique visant Ă  soutenir la reprise doit ĂȘtre complĂ©tĂ©e par un assainissement budgĂ©taire favorable Ă  la croissance une fois que la crise s’attĂ©nuera, soutenu par des mesures crĂ©dibles en matiĂšre de recettes et de dĂ©penses pour ramener la dette au point d’ancrage de 65 % du PIB dans un dĂ©lai raisonnable. Afin de disposer de suffisamment de temps pour dĂ©finir ces mesures, les autoritĂ©s ont demandĂ© une prolongation d’un an du programme PCI. En outre, les vulnĂ©rabilitĂ©s du secteur financier devraient ĂȘtre contenues, grĂące Ă  une surveillance accrue du risque de crĂ©dit et Ă  une classification et un provisionnement prudent des prĂȘts .

Le maintien de la dynamique en vue d’une reprise inclusive et de la rĂ©alisation des objectifs de dĂ©veloppement durable bĂ©nĂ©ficiera Ă©galement de l’accĂ©lĂ©ration des efforts visant Ă  attĂ©nuer les risques Ă©mergents et Ă  faire progresser les rĂ©formes clĂ©s dans le cadre du programme PCI. Il s’agit notamment de mesures visant Ă  renforcer la mobilisation des recettes intĂ©rieures dans le cadre de la stratĂ©gie de recettes Ă  moyen terme du Rwanda, Ă  rationaliser les dĂ©penses, Ă  garantir la qualitĂ© des investissements publics et Ă  renforcer la gestion des risques budgĂ©taires, notamment ceux liĂ©s aux entreprises publiques, aux partenariats public-privĂ© et aux garanties de prĂȘt du gouvernement. Les mesures visant Ă  approfondir les marchĂ©s financiers, Ă  soutenir l’expansion des paiements numĂ©riques et Ă  renforcer l’inclusion financiĂšre devraient contribuer Ă  accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement du secteur privĂ© et Ă  favoriser une croissance forte et inclusive Ă  moyen terme.

La mission est reconnaissante de l’Ă©troite coopĂ©ration des autoritĂ©s.

Alice Mutikeys

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