Cold cases…. Sur le chemin de l’exil, ils se sont tout simplement envolés

Les différentes guerres et génocide au Rwanda et en République Démocratique du Congo, à partir de 1990 ont fait de nous de « déplaces » et par la suite de réfugiés de guerre.

Souvent surpris dans nos sommeils par les bruits de mortiers ou de mitrailleuses, nous nous réveillions aux aurores et prenions le juste nécessaire pour fuir, courir semer les tirs.

Nous empruntions les chemins de broussailles ou tout simplement tracions nos propres chemins dans la forêt.

Dans cette précipitation et chaos, ils sont plusieurs à être disparus, tout le monde se souvient de la dernière fois qu’il les a vus mais personne ne sait où ils sont.

Il y a cette personne âgée qui épuisée s’arrêta sur le bord du chemin…ces nourrissons coincés dans les dos de leurs mères abattues, ces mouvements de panique qui éparpillèrent les foules en y laissant quelques disparus. Pour certains on raconta qu’ils ont été accueillis par la population locale et pour d’autres on les vit rebrousser chemin mais ils n’arrivèrent jamais à destination.

Présumés à la fois vivants et morts, de nombreuses familles rwandaises comptent un ou plusieurs disparus.

Plus de deux décennies après, nous attendons toujours de leurs nouvelles.

Parfois l’espoir renait (une connaissance, qui connait un tel dont on pense qu’il les aurait aperçus) mais souvent au bout de l’espoir la déception de ne pas savoir.

La nature a horreur du vide…chacun comble à sa façon le vide qu’il ont laissé.

Chaque année qui passe amenuise notre espoir de les retrouver. Parfois on peut imaginer la vie qu’ils ont….un reportage sur la RDC et on sculpte les visages pour s’assurer qu’il n’y a pas un visage familier. Pour ceux qui étaient d’un certain âge, il est fort possible qu’ils ne soient plus de ce monde, ceux de leur génération étant naturellement partis.

Il est difficile de faire leur deuil car aucun témoin n’a jamais pu attester de leurs morts.

Sans laisser de traces ils ont quitté le monde physique, mais nous leur portons dans nos pensées et cœurs.

Parfois, j’ai l’impression qu’ils sont des oubliés de l’histoire, mais de cette histoire que les médias veulent faire la nôtre. Car dans notre histoire ils y sont gravés comme dans une roche.

Où qu’ils soient nous les aimons et nous gardons cet espoir de se retrouver dans cette vie ou dans une autre.

Damn cold cases, disparus sans laisser des traces.

Alice Mutikeys

Un commentaire

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