Analyse de l'actualité

Rwanda : Christopher Kayumba avait été prévenu « quitter son parti ou la prison »  

Ce jeudi 04 novembre 2021, lors de son appel sur sa détention provisoire, le Dr Christopher Kayumba a dit qu’il avait été prévenu par les hommes puissants du pouvoir de Kigali. Il devait quitter son parti politique ou risquer de passer le reste de sa vie en prison.

Le Dr Christopher Kayumba, ancien professeur de l’université et récemment opposant politique a été arrêté le 09 septembre 2021. Le bureau rwandais chargé de l’investigation (RIB) a assuré que son arrestation n’était pas liée à ses activités politiques, ce serait une affaire de viol selon le parquet rwandais. Ce jeudi 04 novembre 2021, il faisait appel de sa détention provisoire de 30 jours décidée par le tribunal de première instance le 05 octobre 2021. (voir : https://www.bbc.com/gahuza/amakuru-59166866)

Lors de son appel, le Dr Kayumba a dit que les accusations dont il fait l’objet ont été publiées par les médias pro gouvernement rwandais deux jours après qu’il ait annoncé la création de son parti politique : Rwandese Platform for Democracy – la Plateforme rwandaise pour la démocratie, un parti d’opposition au pouvoir en place de Kigali.

Kayumba a dit qu’après l’annonce publique de son parti politique, il a été appelé par des personnes dont il n’a pas déclaré les noms, elles lui ont demandé d’appeler les journalistes pour leur informer qu’il quittait son parti politique et l’ont prévenu que s’il ne le faisait pas,  il passera le rester de sa vie en prison. Pour lui son emprisonnement est le résultat qu’il n’a pas exaucé « un souhait des hommes puissants».

Deux femmes l’accusent. Son ancien employé l’a accusé de l’avoir violée en 2012 tandis que Fiona Muthoni Ntarindwa, son ancienne étudiante à l’école des médias de l’Université du Rwanda, l’a accusé d’avoir tenté de la violer et qu’elle a pu s’échapper.

Kayumba a déclaré que le tribunal avait décidé de le placer en détention provisoire en ignorant les incohérences et les contradictions de ses accusatrices. Son avocat Seif Bosco Ntirenganya a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve d’experts ou de médecins dans cette affaire et qu’en principe ce sont les éléments essentiels qui doivent être la base dans une plainte de ce type.

Le parquet dans une prise de parole courte a demandé le maintien de la décision du tribunal de première instance car Kayumba n’a pas démontré que certaines dispositions de la loi n’avaient pas été respectées lors de la décision de l’enfermer et que c’est ce qui doit être considéré lors de l’appel.

Le juge a dit que la décision du tribunal sera annoncée le 10 novembre.

Autant dire que le Dr Kayumba aurait passer les 30 jours de détention provisoire avant la décision du Tribunal !  La justice au Rwanda est une parodie. Ce n’est plus un secret que celui qui enferme, Paul Kagame, est celui qui condamne, exécuté ou fait semblant de libérer.

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Alice Mutikeys

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