Analyse de l'actualité

Rwanda : Patrick de Saint Exupéry, un imposteur dans la fausse peau d’un réfugié rwandais en RDC

Soumis pour publication par un lecteur de Les Mutikeys

Au début de ce mois de mars 2021, nous nous sommes réveillés sur différents fils Twitter exposant un livre vert avec un titre « LA TRAVERSÉE… », un livre avec l’intention d’imposer un narratif de la souffrance de réfugiés rwandais en RDC, une négation d’un génocide contre Bahutu. L’auteur du livre prétend avoir suivi le chemin des réfugiés rwandais, mais la vérité montre qu’il n’a pas pu remonter le temps jusqu’en 1996 pour devenir l’un des millions de réfugiés rwandais : vivant dans les camps de l’ONU détruits par l’APR, tués tout au long du chemin du lac Kivu à l’océan Atlantique (environ 2000Km), épuisés, malades, affamés, sans aucune protection, dévorés par les animaux sauvages, incinérés, etc. parce qu’ils étaient des Hutu. C’est un anachronisme : Patrick, escorté, disposait de moyens touristiques : transport, hébergement, communication avancée, sécurité, etc. dans le but d’écrire un livre à la fin. En lisant le livre de Patrick, j’ai remarqué qu’il ne s’agit pas d’un travail achevé, beaucoup d’ affirmations de connaissances de Patrick ne sont corroborées par aucune preuve mais il a volontairement inclus des mensonges dans son document pour ternir l’image des victimes et glorifier l’image des escrocs, ce qui explique ses insultes et son animosicontre les réfugiés.

1.  Le travail de recherche inachevé de Patrick

Patrick après avoir longtemps écrit sur l’Histoire du Rwanda, surtout après 1994, il a découvert que ses travaux ne seraient pas complets s’il ne parlait pas de l’histoire des réfugiés au Zaïre/Congo. Je peux dire que c’est un pas en avant parce que ce livre va augmenter le débat sur le génocide contre les Bahutu. Ce débat va prendre une proportion encore plus grande. Cependant, il est évident que son travail est très loin d’être terminé, compte tenu de l’étendue spatiale et du calendrier qu’il s’est attribué, du petit nombre de répondants/participants, sans parler du manque de l’indépendance et de partialité. La position qu’il a adoptée à l’encontre de Bahutu en général et ses liens étroits avec les responsables dans cette affaire ne lui ont pas permis d’effectuer une recherche impartiale.

L’itinéraire que Patrick a emprunté a été indiqué sur la carte par l’un des officiers de haut rang de l’Armée Patriotique Rwandaise qui a décimé de nombreux Rwandais et Congolais tout au long de son avancée pour s’emparer de Kinshasa, la capitale du Zaïre/Congo.

Le travail de Patrick est simplement un travail exploratoire à un stade inférieur et préliminaire. S’il veut faire un travail intellectuel sérieux et approfondi, il doit reconquérir son indépendance et faire de nombreux voyages, pas un seul, et faire un travail très approfondi de triangulation : donner la parole aux victimes, lire en profondeur les rapports précédents de cette même période (1996-2003), utiliser une approche interdisciplinaire, etc. Pour le dernier point, ce n’est pas seulement le reportage journalistique qui peut expliquer la complexité d’un génocide qui a eu lieu il y a plus de 20 ans en RDC. D’autres fondements épistémologiques sont à solliciter : l’archéologie, l’histoire, la géographie, pour n’en citer que quelques-uns. Et pourquoi pas des images satellites et des photographies aériennes ? 

Il est vraiment regrettable qu’un journaliste de la trempe de Patrick ait présenté des informations sans citer les sources, ce qui constitue une grave entorse à son travail. Par exemple, à la page 8, il dit « Avant le génocide, les extrémistes avaient annoncé leur projet d’extermination de Tutsi en le justifiant au nom d’une menace qui pesait sur la communauté hutu« .  Cette affirmation, dans le livre de Patrick, n’est étayée par aucune source, ce qui signifie qu’elle est le fruit de sa propre réflexion. Qui sont ces extrémistes ? Quand et où ont-ils annoncé cela ? C’est ici que Patrick doit montrer ce projet. N’oubliez pas qu’un projet est un document écrit et non un ouï-dire. Pourquoi Patrick a-t-il craint de se référer aux archives du Tribunal International pour le Rwanda (TPIR) pour en connaître la véracité ? Il est évident qu’il a voulu étiqueter la population Bahutu comme des méchants dès le début du livre. De nombreux autres mensonges dans le livre montrent qu’il s’agit d’une œuvre romanesque, d’un art expressif et non d’un produit scientifique, qui reflète son style dialogique et anecdotique. Un autre exemple, c’est lorsqu’il essaie d’être quantitatif sans référence statistique :

« Présents dans plusieurs pays de la région des Grands Lacs, les Tutsi constituent 20% de la population du Rwanda, tandis que les Hutus, présents également dans plusieurs pays alentour, forment 80% des restants ». Où l’auteur a-t-il trouvé les chiffres concernant les Bahutu et les Batutsi ? Les dernières statistiques d’avant 1994 parlaient de 14% de Batutsi, 85% de Bahutu et 1% de Batwa. Où a-t-il mis Batwa ? Pourquoi n’a-t-il pas mentionné l’extermination des Batwa ? Pourquoi n’a-t-il pas expliqué la diminution du nombre de Bahutu ? N’est-ce pas le résultat des opérations de punguza ? Patrick peut l’expliquer.

Du début à la fin de ses livres, Patrick a voulu blanchir le FPR des atrocités et du désordre qu’il a créé depuis la première guerre du Congo jusqu’à aujourd’hui. Mais il n’a pas été capable de le faire sans proférer des mensonges. Ce n’est pas parce qu’il a pu traverser la RDC d’Est en Ouest et avoir des entretiens avec moins de 20 participants qu’il comprend le sort des réfugiés rwandais au Congo. Sa pratique montre que soit il ne comprend pas ce qui s’est passé en 1996-2003, soit il a simplement voulu écrire un livre qui pourrait protéger ses écrits précédents de la disqualification. Ce livre, « LA TRAVERSÉE », tente de créer davantage de divisions entre les Rwandais. Par exemple, le « soi-disant spécialiste du Rwanda », a commencé une division territoriale des Rwandais quand, aux pages 18 et 47, il parle de « pays hutu », comme si le Rwanda n’était pas un état unitaire. Est-il en train de dévoiler son nouveau projet ?

Je profite de cette occasion pour demander à mes compatriotes rwandais d’être unis et de faire de leur mieux pour raconter leur propre histoire : C’est mon histoire et votre histoire qui construisent l’histoire complète de notre communauté rwandaise.

Un lecteur de Les Mutikeys

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