Témoignages

Rwanda – Injustice : Sa photo prisée de façon inopinée le représente comme un génocidaire

Depuis 26 ans une photo est affichée sur le mémorial du génocide de 1994 à Gisozi, cette photo est supposée représenter un tueur très actif dans le génocide. La réalité est que c’est la photo d’un homme pauvre, démuni face à la situation, qui a été prise de façon inopinée par le photographe de l’Agence France-Presse le 12 Juin 1994. Cet homme, M Hitimana a témoigné auprès des journalistes des médias rwandais en ligne Umubavu.Tv et Ireme.net. Dans son premier témoignage il raconte comme il pense que la photo a été prise, comment il a appris que sa photo était utilisée comme celle d’un génocidaire et les séquelles que cette utilisation a laissé dans sa vie et celle de sa famille. Après ce témoignage M Hitimana a été battu par Jean Paul Bagirisano jusqu’à ce qu’il soit en incapacité de marcher pendant quelques jours. Dans le deuxième on apprend que selon les dires de la population ce Bagirisano serait soit un policier, soit un espion, soit un militaire ou soit un ancien militaire démobilisé. M Hitimana demande Justice à la fois pour la photo et pour les coups qu’il a reçus dans la mesure où celui qui l’frappé a refusé de répondre aux convocations du Bureau rwandais chargé d’investigation et ce en toute impunité à ce jour.

cet homme n’a pas participé au génocide, il voulait aller chercher du bois avec sa machette (comme le font tous les Rwandais) et sur le chemin il a croisé les soldats et un photographe. Sur une scène orchestrée par les soldats sa vie a basculé!

L’histoire de la photo : Hitimana est un homme peiné depuis de nombreuses années

Voici un extrait (très synthétique) de l’article publié par Umubavu TV (en Kinyarwanda) et synthétisé par The Rwandan en français :

« Selon les informations publiées par le média en ligne Umubavu par Théoneste Nsengimana, HITIMANA Apollinaire qui vit dans le village de Gakombe dans le secteur de Shyogwe dans la cellule de Ruli dans le district de Muhanga vit avec beaucoup de peine depuis 26 ans en raison des photos prises de manière singulière en 1994. Une de ces photos, sa photo, est utilisée au mémorial du génocide de Kigali à Gisozi et est supposée représenter un Interahamwe qui aurait participé activement dans le génocide de 1994. HITIMANA Apollinaire n’a pourtant pas été condamné par aucun tribunal et a même fait partie du jury des sages avant que ce statut ne lui soit  lui a enlevé manière inexplicable.

Selon Apollinaire Hitimana, au moment de la prise de Gitarama par le FPR, une partie des résidents a fui leurs maisons et s’est réfugiée à Gatenzi près de la ville de Gitarama (Muhanga) . Hitimana Appolinaire se trouvait parmi eux.

Le lendemain, Hitimana est allé chez lui chercher à manger, en chemin il a croisé des soldats qui lui ont demandé où il allait, il leur a répondu qu’il se rendait chez lui pour chercher la nourriture car il avait très faim.

Selon lui les militaires lui ont ordonné de prendre une machette qu’il avait sur lui pour couper le bois, ne comprenant pas pourquoi et sans avoir beaucoup de choix il a tenu la machette comme on le lui avait ordonné et après les soldats lui ont laissé partir.

La photo aurait été prise pendant le génocide en avril 1994.  Sur le site qui stocke et vend des photos, Getty Images, on peut voir que la photo a été prise le 12 juin 1994, à Gitarama, par le photographe Alexander Joe de l’AFP. Contacté par le journaliste d’Ireme.net le photographe qui a pris la photo a exprimé son incomphehension sur l’utilisation de la photo : « Lorsque la photo a été prise personne ne se faisait tuée, je n’ai aucune idée de comment on a pu dire que cette personne était en train de tuer quelqu’un. Je l’ai juste vu sur le côté de la route et l’ai juste photographié, il n’y avait pas de tueries autour de moi »

A cause de cette photo Hitimana, qui confirme que c’est sa photo, ne sort plus de chez lui, en effet s’il se rend à Kigali ou dans la ville de Muhanga, ceux qui ont vu la photo sans connaitre toute la situation le huent en scandant « voici un grand tueur toujours en liberté. ».  Il est préoccupé par le fait qu’il ne peut plus sortir de chez lui pour chercher du pain pour sa famille.

Il dit que les autorités à tous les niveaux, sont au courant de la situation mais personne ne veut agir en sa faveur même si dans son secteur personne ne l’accuse d’avoir participé au génocide.

Hitimana s’est longuement entretenu avec le journaliste d’ UMUBAVU et lui a tout raconté depuis le moment où il pense que la photo affichée au mémorial du génocide de Gisozi à Kigali  a été prise lorsque il a croisé les soldats.

Vous pouvez lire tout l’article en suivant ce lien :  Apollinaire Hitimana demande justice : sa photo est affichée sur le mémorial du génocide à Kigali comme celle d’un Interahamwe très actif

M Hitimana au micro d’Umubavu TV raconte sa souffrance et peine. Comment il ne peut plus sortir de chez lui.

Comment Hitimana a été agressé par Jean Paul Bagirisano

Peu de temps après que Hitimana Apollinaire ait donné on témoignage ci-dessus, il a été frappé et blessé jusqu’à ce qu’il soit en incapacité de marcher. C’était suite à la convocation d’un monsieur nommé Jean Paul Bagirisano, un voisin. Ce Bagirisano a commencé à se rendre chez Monsieur Hitimana et lui a reproché n’avoir pas répondu à convocation qu’il lui avait envoyé par l’intermédiaires de deux personnes : un voisin et la fille de Hitimana. Hitimana raconte au journaliste d’Ireme.net que lorsque l’homme envoyé lui a dit que Bagirisano le cherchait il a cru que c’était pour partager un verre, il revenait de ses champs et était très fatigué et n’y est pas allé. C’est ce qu’il a aussi répondu ce jour-là à Bagirisano. Ce dernier lui a alors demander de venir chez lui.

Après qu’il ait pris le temps de finir le travail de champs qu’il était en train de faire, il s’est rendu chez M Bagirisano, après les salutations et quelques échangés Bagirisano a demandé à Hitimana ce qu’il faisait chez lui, il lui a répondu qu’il était venu suite à son invitation. Bagirisano a répondu qu’il avait entendu dire que lorsqu’il était absent de chez lui M Hitimana y venait et il a commencé à lui dire qu’il était un sorcier !

Bagirisano s’est levé, a pris un bâton et a dit à M Hitimana qu’il allait le frapper de 99 fouets. Il s’y est mis et l’a frappé dans le coup, dans le dos, partout sur le corps. Il a demandé à M Hitimana quelle était était sa jambe handicapée ? Il a alors frappé M Hitimana sur sa jambe valide sans s’économiser. La femme de Bagirisano lui a demandé d’arrêter de le frapper et Hitimana explique qu’en se jetant et se trainant il a pu lui échapper.

Depuis M Hitimana a déposé plainte au Bureau rwandais chargé d’Investigation (le RIB), lr RIB a convoqué M Bagirisano et ce dernier n’a jamais répondu aux convocations. M Hitimana demande Justice.

Le journaliste a demandé dans le voisinage de M Bagirisano qui il était et la population a répondu sans l’affirmer qu’elle croit qu’il est soit militaire, soit un ancien militaire démobilisé, soit un policier ou soit un espion [NDR pour le compte de l’état rwandais].

Alice Mutikeys

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